Association Mayenne Point Org Soirée conférence débat ECOLONET La fin de vie de nos produits de communication électronique 3

Introduction de Patrick Richard président de Mayenne Point Org_ 3

·      Que fait-on de notre matériel informatique en fin de vie ?_ 3

·      Est-ce qu’on le donne ? Est-ce qu’on le vend ?_ 3

·      Est-ce qu’on le met à la poubelle ?_ 3

·      Plus globalement que fait-on de nos appareils électriques et électroniques ? »_ 3

Montage vidéo d’introduction au problème des DEEE_ 3

Les déchets électriques et électroniques sont des bombes à retardement écologiques. 3

seulement 3 % de ces déchets électriques et électroniques sont aujourd’hui recyclés. 4

Personne pour l’instant ne veut payer pour le recyclage des déchets que produit une société sans cesse informatisée  4

Présentation des DEEE et de la filière par Claude Krust Président du GIE PLANETE_ 5

Qu’est ce qu’un produit électrique électronique en fin de vie : 5

1ère hypothèse : 5

2ème hypothèse : 5

Pourquoi faut-il les traiter ? 5

Le contenu des matières à valoriser ou à éliminer : 5

Un parc ou gisement est un marché. Il existe deux types de marché en France : 6

Marché grand public : 6

Marché professionnel : 6

Contenu des produits en fin de vie: 6

Les matières contenues 6

Matières à valoriser : 7

Recyclabilité : 7

Traitement des produits : collecte – tri – dé-fabrication : 7

Tri des produits : 8

Dé-fabrication : 8

Détoxication : 8

Traitement final des fractions : 8

Traçabilité : 8

Témoignages : 8

Sécurité :des données : 8

Monsieur Gérard COCHET, responsable des services généraux de la société Jouve. 8

Traitement des déchets issus des déchetteries : 9

Monsieur Jean – Lou QUERU, GROUPE SÉCHÉ-ENVIRONNEMENT. 9

Collecteur et défabricant : 9

Intervention de Claude KRUST : 9

Éducation à la collecte : 9

Monsieur Guy BOURGUIN, gestionnaire du lycée Lavoisier, adjoint au Maire et membre du Conseil « PAYS DE MAYENNE ». 9

QUESTIONS DU PUBLIC_ 10

Quel est le prix de revient des matières défabriquées ? 10

Claude KRUST : 10

Coût direct de la défabrication : 10

Complément de réponse de Monsieur Gérard COCHET : 10

Le département va-t-il s’impliquer ? : 10

Olivier RICHEFOU, Conseil général de la Mayenne. 10

Défabrication et social : 11

Georges MINZIERE, Conseil général 11

Dans l’esprit de la directive européenne, qui paye le fabricant ? 12

Réponse de Claude KRUST_ 12

Et les produits d’assemblage ? 13

Claude Krust 13

Question : Si la collecte est faite dans une déchetterie, que fait-on par rapport à la « traçabilité » ?  13

Claude Rablier du Service environnement de Laval Agglomération 13

Réponse de Claude KRUST. 13

Proposer un type de collecte adapté: 13

Georges MINZIERE. 13

Les filières : 14

Jean-Lou QUERU_ 14

Question : « La fabrication actuelle prend elle en compte la défabrication des produits et dans l’affirmative depuis quand ? » 14

Réponse de Claude KRUST. 14

Conclusion par Christian LAIGLE_ 15

 


 

Association Mayenne Point Org
Soirée conférence débat ECOLONET
La fin de vie de nos produits de communication électronique

Introduction de Patrick Richard président de Mayenne Point Org

·         Que fait-on de notre matériel informatique en fin de vie ?

·         Est-ce qu’on le donne ? Est-ce qu’on le vend ?

·         Est-ce qu’on le met à la poubelle ?

·         Plus globalement que fait-on de nos appareils électriques et électroniques ? »

Questions posées en ouverture de la soirée par le président de Mayenne.Point.Org, Patrick RICHARD, introduction et présentation du sujet par Christian LAIGLE, responsable de la commission ECOLONET.

Le problème de la gestion de nos produits de communication en fin de vie risque de se poser de façon de plus en plus inquiétante, c’est la volonté de Mayenne Point Org de nous amener à nous poser un certain nombre de questions. Ce débat semble éloigné de l’usage de l’Internet, mais pour pratiquer et en pratiquant le « surf  Internet », on utilise un certains nombres d’outils informatiques (ordinateurs, modem, imprimante) et on met en œuvre (serveur, commutateur, transport de données etc.), on peut aussi y inclure les produits bureautiques comme le papier, l’encre, les supports (disques, CD, disquettes etc .). Dans ce débat nous aborderons la fin de vie des outils par ce que l’on appelle la défabrication. On en parle peu dans la presse et dans les médias, uniquement lorsqu’il y a une catastrophe écologique (piles de Zimaval à Falaise par exemple) ou liée à la santé ( risques liés aux incinérations ou aux tubes cathodiques). Voici un montage réalisé à partir d’éléments diffusés dans les émissions Envoyé Spécial sur France télévision 2 (avril 2002) et sur Capital sur M6 (septembre 2002).

Montage vidéo d’introduction au problème des DEEE

Reportage : Envoyé Spécial France Télévision 2 - Mars 2002 - d’Emmanuel BESNIER, Michel TARDY, Laurent REDOLFI, Laurent ABELLARD, Benoît HENAFF

Reportage Capital M6 – septembre 2002 - de Maud Brunel, François D’ALEGUY, Pierre TOURY, Emery de GUNOT

Les déchets électriques et électroniques sont des bombes à retardement écologiques.

« Chaque français jette en moyenne et par an environ 25 kg de matériel électronique (ordinateurs, téléviseurs, magnétoscopes, etc.). Ces déchets posent un véritable problème, car ils contiennent des matières hautement toxiques. »

« L’ordinateur est devenu aujourd’hui un produit de consommation qu’on jette aussi facilement qu’une vieille machine à laver. Le matériel se trouve souvent abandonné sur le trottoir et pourtant ce sont de véritables bombes à retardement écologiques. Alors, que faire de ces bombes électriques, électroniques ? En France, le consommateur s’en débarrasse en le jetant à la poubelle. »

seulement 3 % de ces déchets électriques et électroniques sont aujourd’hui recyclés.

« L’an dernier, les consommateurs français ont jeté à la poubelle 1 million et demi de tonnes d’ordinateurs, de fax, de téléphones et autres déchets électriques et électroniques. Dans ces produits, des métaux lourds comme le plomb, le mercure, le cadmium, etc. Or, seulement 3 % de ces déchets sont aujourd’hui recyclés.

En Californie, où l’on compte plus de puces électroniques que d’habitants. Les industriels n’ont pas cessé de dire que les hautes technologies étaient des industries propres.  Pendant trois décennies, ils ont inventé notre avenir sans jamais en imaginer les conséquences.  

Au pays de la créativité, du virtuel, on a récemment pris conscience que les vieux ordinateurs pouvaient avoir une seconde vie, par le recyclage. L’idée de recycler vient du privé.  Face à la toute puissance des industriels de l’informatique, l’agence américaine de protection de l’environnement n’a pas les moyens d’imposer le recyclage systématique et des normes de fabrication.

Les géants de l’électronique n’ont encore qu’un seul mot d’ordre : Vendre et encore vendre ! et qu’importe les produits toxiques utilisés lors de la fabrication et qu’importe aussi les dangers pour l’homme et l’environnement que peuvent engendrer les futurs déchets. Rares sont ceux qui déclarent prendre en charge « la mort » de leurs produits. A Sacramento, Hewlet Packard, troisième constructeur mondial de matériel électronique est le seul industriel à s’être muni d’un centre de recyclage spécialisé. Sur 40 000 m2, deux mille tonnes de matériel informatique sont traitées par mois. Tout ce qui ne peut être réutilisé ou revendu sera ensuite mis en morceaux. Tout ce qui rentre dans cette usine est recyclé à 100 %. Le tri est entièrement automatisé. Aluminium, fer, cuivre, alliage et plastiques sont minutieusement séparés au cours d’un savant processus puis stockés avant d’être vendus à l’industrie métallurgique. »

Personne pour l’instant ne veut payer pour le recyclage des déchets que produit une société sans cesse informatisée

« Recycler de la haute technologie est une affaire qui coûte cher. Notre parc informatique n’est pas aussi conséquent que celui de la Californie, mais le problème risque de nous rattraper si tout le monde adopte la politique de l’autruche : fabricants, collectivités locales, consommateurs, personne pour l’instant ne veut payer pour le recyclage des déchets que produit une société sans cesse informatisée.

Les produits électroniques en fin de vie croît trois fois plus vite que n’importe quel autre déchet et pour cause les consommateurs achètent de plus en plus d’ordinateurs, des ordinateurs de plus en plus vite obsolètes. En 1997, la durée de vie d’un PC, d’un Mac, était de 6 ans. Elle sera de 2 ans en 2005. L’informatique a de l’avenir, la pollution aussi… »

Présentation des DEEE et de la filière par Claude Krust Président du GIE PLANETE

Au problème du devenir des déchets électriques et électroniques, Claude KRUST a indiqué qu’il existait des solutions. Tout d’abord, il faudra trouver des financements car le recyclage coûte cher.

Depuis le 1er mars dernier, s’applique en Europe une directive sur les déchets électroniques. Les pays de la communauté européenne ont 18 mois pour publier le décret d’application. Selon Claude KRUST, en Allemagne et en Hollande, la directive devrait être appliquée dans les trois mois, tandis qu’en France, aujourd’hui encore on ne sait pas… « L’expérience des piles a été très édifiante, a-t-il rappelé, la France a dû  passer devant la Cour de la Haye. Elle a été condamnée à publier ce décret ».

Si tout se passe comme il convient, dans les prochains 18 mois, il y aura obligation de recycler ces produits électroniques.

Qu’est ce qu’un produit électrique électronique en fin de vie :

1ère hypothèse :

l’appareil ne fonctionne plus :

L’appareil peut être réparable mais le coût de la réparation est conséquent.

2ème hypothèse :

l’appareil fonctionne mais il est obsolète (les pièces détachées sont difficiles à trouver), ou le consommateur souhaite que son ordinateur soit plus performant, il peut donc ajouter des mémoires, mais celles-ci ne sont plus fabriquées. Ou encore, l’appareil est encore performant et répond à ses besoins, mais les logiciels sont de plus en plus gourmands de mémoire, de disque dur, etc.

Pourquoi faut-il les traiter ?

Tout d’abord, le gisement (1 million et de tonnes par an) est trop important et ce n’est là que le renouvellement de matériel. Il faut savoir que ce tonnage n’est pas constitué seulement d’électronique, mais l’électrique est inclus.

« Bien souvent, souligne Claude KRUST, il y a confusion entre les deux, car la dénomination officielle est DEEE (Déchets d’Equipement Electriques et Electroniques) Or la partie électrique (câbles, générateurs, turbines, etc.) est plus lourde que l’électronique (350 à 400 000 tonnes par an). »

Le contenu des matières à valoriser ou à éliminer :

Les appareils informatiques contiennent sur les disques durs, des informations confidentielles qui touchent le citoyen. Il faut donc être très vigilants concernant cet aspect, surtout quand les ordinateurs proviennent des compagnies d’assurance, des banques ou de la justice. A signaler qu’il existe des filières en Asie qui rachètent, relativement chers, les disques durs. Des personnes spécialisées récupèrent les informations inscrites sur les disques durs. Des fichiers sont ainsi refaits et revendus dans nos pays.

 

Un parc ou gisement est un marché. Il existe deux types de marché en France :

Marché grand public :

Gisement : 1,6 million de tonnes, le renouvellement est de l’ordre de 270 000 tonnes par an.

Au niveau du grand public, le marché est constitué de téléviseurs, vidéo, magnétoscopes, informatique (PC, imprimantes), jeux électroniques, consoles, jouets, portables, téléphones. Même si le tonnage est plus faible, la toxicité est plutôt active. Il ne faut oublier tout ce qui est électro-domestique (robots de cuisine, aspirateurs, etc.).

Marché professionnel :

Le marché professionnel inclus l’ensemble des entreprises, les associations et les collectivités et administrations.

« Le gisement : 400 000 tonnes. Un chiffre certainement sous estimé puisque dans certaines administrations (Education nationale, administrations fiscales) le matériel est stocké. Elles n’ont  jamais obtenu le budget nécessaire pour traiter ce problème et qui devait l’être par les Domaines. » Indique Claude KRUST.

Le renouvellement au niveau professionnel est de l’ordre de 90 000 tonnes par.
Nous pouvons donc dire que les ¾ proviennent du grand public.

Le gisement est composé de 54 % de télévisions couleur et de 16 % de noir et blanc. Les téléviseurs représentent donc 70 % du tonnage, la hi-fi, la vidéo et l’informatique en représente un tiers. Le premier problème est donc la télévision. Ceci est dû au fait que les anciens appareils sont lourds. Le poids moyen est de 31 kg, et le tube cathodique en représente les 2/3.

Au niveau professionnel le gisement est constitué d’informatique essentiellement (2/3), téléphones, télécopieurs, appareils de mesure et de contrôle, électronique médicales, etc.

Contenu des produits en fin de vie:

Les matières contenues

1 moniteur = 17 kg. Le tube cathodique en représente 38 %. C’est l’élément le plus toxique.

Il est constitué de luminophores : rouge, bleu (litrium), vert (calidonium), sulfure de cadmium qui permet d’augmenter la luminosité, phospore, etc.

Le moniteur est constitué de plastiques (27 %). La majorité de ces plastiques ne sont pas recyclables. Ils sont imprégnés d’un retardateur de flammes, ce qui en fait un déchet spécial, il ne peut pas être incinéré n’importe où. Mais l’incinération reste le meilleur traitement.

Cartes électroniques : 13 %. Là aussi, le support est souvent en plastique imprégné d’un retardateur de flammes. La 2ème directive européenne l’interdit.

Métaux ferreux = 4 %

Les condensateurs électrolytiques contiennent essentiellement des matières toxiques et notamment de l’acide chlorhydrique. Il ne faut surtout pas stocker ce type de produit en plein air, sous la pluie, sous les intempéries, car il se forme  alors une oxydation et de l’électrolyse.

Relais et commutateurs au mercure. Cette matière se retrouvait autrefois dans les téléphones à cadran. Ils contenaient une capsule de mercure équivalente à trois fois celle contenue dans un thermomètre.

Piles et accumulateurs : les piles au lithium explosent si elles sont mises dans un broyeur.

Piles au mercure.

Accus au nickel ou au plomb, très toxiques.

Plastiques souillés avec des retardateurs de flammes au brome.

Soudures : plomb, étain, argent, arsenic, antimoine… La directive européenne interdit le plomb dans la fabrication.

Matières à valoriser :

Métaux ferreux, métaux non ferreux, certaines matières plastiques, verre, matières diverses.

Recyclabilité :

Télécommunication       95 %

Téléviseurs                     85 %

Informatique                  85 %

Audio et vidéo               90 %

Traitement des produits : collecte – tri – dé-fabrication :

La collecte doit être réalisée avec soin. Elle conditionne les traitements ultérieurs : les tubes cathodiques ne doivent pas être cassés car ils contiennent un produit des plus cancérigènes qui existent, il faut donc les mettre à l’abri et les neutraliser par une action simple qui met le tube à la pression atmosphérique.

Avoir une logistique de concentration (plates-formes de regroupement, ateliers de fabrication, centres de valorisation et d’élimination).

Transports avec garantie de sécurité : conformité pour le transport de déchets et de matières dangereuses.

Opération achevée avec l’établissement d’un bordereau de pesée et de réception. Lorsque le lot est déchargé, chaque colis est pesé et enregistré sur un bordereau. Tous les colis sont identifiés avec une étiquette, elle permet de savoir ce que contient le colis, savoir où l’on doit le stocker.

Tri des produits :

Classer les appareils.

Avoir des postes de travail adaptés à chaque produits, car la dé-fabrication d’une unité centrale ne s’effectue pas de la même façon que pour un écran. Le  poste de travail est composé d’une table de travail, d’un équipement adapté, des bacs avec étiquette pour que l’opérateur puisse y mettre les différentes fractions.

Dé-fabrication :

Démonter manuellement les appareils pour en extraire les fractions à valoriser ou à éliminer.  

Détoxication :

Retirer de ces fractions tous les composants susceptibles de contenir des matériaux toxiques. Éliminer correctement ces matériaux sur des produits à valoriser.

Traitement final des fractions :

Faire que cette matière puisse devenir une matière secondaire.

Choisir des filières.

Traçabilité :

Faire un suivi de toutes les matières dans toutes les phases de traitement ;

Témoignages :

Sécurité :des données :

Monsieur Gérard COCHET, responsable des services généraux de la société Jouve.

A ce titre, il a en charge l’élimination des produits informatiques. La société JOUVE a mis en place, il y a environ 3 ans, une politique d’élimination de certains produits (écrans, imprimantes, toute la téléphonie, cassettes magnétiques, bandes magnétiques, CD, DVD,  piles, etc.

« Nous travaillons avec deux sociétés spécialisées : VAL basée dans le CALVADOS et HANDITERRE en région parisienne. »

« En 2002, nous avons éliminé 6 tonnes de matériel informatique. Nous avons un souci, la confidentialité de tout ce qui part en déchets. Les disques durs sont soit démontés et récupérés pour être utilisés sur d’autre matériel, soit effacés. Nous considérons qu’en reformatant 5 à 6 fois un disque dur, il n’y a plus d’information. Les bandes magnétiques sont effacées et envoyer, à une société, pour destruction. Les CD et DVD sont broyés en interne. Nous en remettons une dizaine de kg à une société spécialisée. Les cartouches sont recyclées par Handiterre . »

Traitement des déchets issus des déchetteries :

Monsieur Jean – Lou QUERU, GROUPE SÉCHÉ-ENVIRONNEMENT.

Responsable des DIS (Déchets industriels spéciaux), Monsieur QUÉRU représente le Groupe SÉCHÉ qui gère une grande partie des déchetteries du département en particulier celles de l’agglomération lavalloise.

 

Monsieur QUÉRU répond à l’intervention d’une personne dans le public qui évoque un fait récent arrivé dans une déchetterie proche d’une grande agglomération. Le téléviseur qu’elle souhaitait déposer a été jeter dans la benne des encombrants et a implosé, libérant les poudres internes.

 

« Nous ne sommes pas en mesure à l’heure actuelle de traiter ce type de déchet et si l’on ne veut pas le retrouver dans la nature près des déchetterie on se doit de les accepter… »

« A la déchetterie, le particulier vient déposer gratuitement des déchets de toutes sortes. Pour le matériel électronique, nous pouvons  refuser le matériel ou le stocker. Un particulier devant se débarrasser d’un téléviseur par exemple, ne sait pas le faire et ne paiera pas pour le faire. Il faut donc trouver et mettre en place des financements »

« Dans le cas général, nous sommes amenés à réceptionner les déchets dont on ne sait se débarrasser. Actuellement, en France il existe une quinzaines d’entreprises qui collectent les piles. Elles sont très nombreuses en électronique (piles au lithium). »

Collecteur et défabricant :

Intervention de Claude KRUST :

« La déchetterie reste notre principal concurrent. Ce n’est pas pour autant que nous sommes concurrents. Le métier de collecteur est complémentaire au nôtre. Nous on ne fait pas de collecte sauf dans les entreprises. C’est toujours les collecteurs qui nous apportent des produits. »

« A partir de mars 2003, les fabricants seront obligés de payer, mais pour le parc historique, nous pouvons nous demander qui va payer ? Normalement, c’est la collectivité. »

Éducation à la collecte :

Monsieur Guy BOURGUIN, gestionnaire du lycée Lavoisier, adjoint au Maire et membre du Conseil « PAYS DE MAYENNE ».

 « Au lycée Lavoisier de Mayenne, nous collectons les cartouches dans les classes, dans les salles d’informatiques, elles sont confiées à HANDITERRE. Le matériel (informatique) est stocké. On se dégage du problème en donnant aux associations caritatives et aux écoles. Mais en général, on arrive à recycler l’intégralité de notre parc obsolète. Ce n’est pas une solution qui est convenable. La région a mis en place un programme pour les déchets toxiques qui s’appelle DÉTOX, ceci concerne actuellement seulement les déchet de laboratoires. »

 « Si on met en place une collecte de déchets électroniques, la question primordiale est : qui paie ?   Que fait-on en attendant l’application de la directive européenne ?  Si on ne met pas les déchets à la benne, il va falloir payer la collecte, le transport. Et là comme nous avons déjà des problèmes actuellement avec nos concitoyens sur le montant des taxes d’ordures ménagères, nous, élus, nous sommes confrontés au coût de collecte. Le coût de collecte sur les plastiques a été multiplié par quatre entre 1997 et 2003. Vous expliquez aux concitoyens qu’il faut faire du tri, dans le même temps, la redevance augmente. Les personnes ne comprennent pas »

« Sur le plan de la pédagogie que nous avons à mettre en place, vous mesurez les difficultés ! Je souscris aux objectifs présentés, nous allons y travailler avec la commission qui s’occupe des déchets ménagers. Nous serons forcément confrontés à la problématique du financement et de l’exemplarité. Il y a tout un travail de cohérence avec les pouvoirs publics au niveau de la pédagogie en particulier et de la transparence du coût.»

QUESTIONS DU PUBLIC

Quel est le prix de revient des matières défabriquées ?

Claude KRUST :

 « Effectivement, ces déchets ne contiennent pas suffisamment de matières valorisantes pour permettre de financer le processus. Aujourd’hui, c’est le détenteur qui paye. Avec la directive européenne, ce sera le fabricant. Il devra nécessairement prévoir, dans son prix de revient, le coût de la fin de vie des produits. Lors de la conception, de la fabrication et de la commercialisation d’un produit, il faut désormais y inclure tous les cycles de vie. »

« Pour recycler les téléviseurs, le coût est de 3 500 F. la tonne. 600 kg de verre non alimentaire donc non recyclable, il faut payer pour l’éliminer : 500 à 600 F la tonne. »

« Actuellement, un particulier paye 12 €uros pour un ordinateur et une imprimante, 10 €uros pour une télé, à l’entreprise pour le recyclage de leur matériel. »

Avec la directive européenne, le consommateur ne doit rien payer au moment où il ramène son appareil à la déchetterie ou à l’entreprise qui va le traiter. Le fabricant sera donc obligé de faire payer le recyclage au moment de l’achat de l’appareil. »

Coût direct de la défabrication :

Complément de réponse de Monsieur Gérard COCHET :

J’ai fait démonté 835 kg d’unités centrales et de moniteurs. La prestation m’a coûté 356 €uros et la société m’a retourné 6,82 €uros de valorisation. Sur les 835 kg en électronique valorisée : 8 kg, en métaux communs : 120 kg, en plastiques : 150 kg et en tubes cathodiques : 129 kg.

Le département va-t-il s’impliquer ? :

Olivier RICHEFOU, Conseil général de la Mayenne.

 « Aujourd’hui, nous sommes le 13 mars. Et le 13 mars, est sans doute un jour pour que la Mayenne s’intéresse aux déchets puisqu’il y a trois ans, jour pour jour, une manifestation avait lieu à IZE, contre l’enfouissement des déchets nucléaires.

Je voulais vous dire aussi que le Conseil général était en session toute la journée et comme on est ici dans une association qui s’investit beaucoup sur Internet, je voulais en profiter pour vous annoncer que le conseil général a décidé de mettre la main à la poche pour acquérir un certain nombre d’équipements permettant de couvrir 80 % dans ses objectifs du territoire de la Mayenne en matière d’ADSL, d’ici 18 mois à 2 ans.

On va assisté au remplacement des écrans cathodiques par des écrans plats, il va donc falloir gérer ce changement d’équipement informatiques. Effectivement les collectivités sont en première ligne. Les communes gèrent l’équipement informatique des écoles, le département gère celui des collèges, la région gère celui des lycées. Il y a aussi les établissements d’enseignement supérieur. Je donne des cours à l’IUT à Laval, je me souviens que dans les sous-sols il y a un certain nombre de micro dont on ne sait pas quoi faire. Il nous est arrivé d’en donner à l’école maternelle du quartier pour rendre service et bien sûr sans effacer les disques. Certaines collectivités du département, ont aussi à une époque voulu faire le vide et ont mis dans la nature des équipements informatiques sans s’intéresser à ce qu’il y avait sur le disque dur.

Le Conseil général a une responsabilité complémentaire par rapport aux déchets, c’est le traitement de ceux-ci. Le traitement des déchets est une compétence départementale. Il revient à notre collectivité de  prendre ce problème en charge et d’être particulièrement exemplaire. Il est certain qu’il y a quelque chose à faire en Mayenne, de mettre en place une expérience originale en s’appuyant sur ce qui existe déjà avec une petite touche mayennaise. Il faudra donc saisir l’occasion. »

Défabrication et social :

Georges MINZIERE, Conseil général

« Dans l’industrie, il y a longtemps que s’est posée cette question : que faire des déchets ?

Mais également la question du concept du produit. On avait constaté que la fabrication d’un produit se faisait en 10 minutes et pour le démonter, il en fallait 15.

Après une étude précise, l’entreprise avait réalisé une étude d’emplois. Pour récupérer une partie des produits fabriqués par 200 personnes, pour le dé-fabriquer il fallait créer 60 emplois. Le monde économique s’est donc depuis plus de dix ans, posée la question de la dé-fabrication des produits. En tant que conseiller général j’ai posé la question au Conseil général : que faites-vous de votre matériel  ? Personne ne sait trop où il va, souvent il reste au fonds des placards, ou à la déchetterie.

Alors, depuis que j’ai découvert qu’il existe une entreprise qui pourrait nous aider, la question est donc posée au Conseil général, aujourd’hui, il n’y a pas de décisions de prises. Accompagnés par du personnel du service technique du département, (ceux  chargés de l’environnement, et ceux chargés de l’informatique pour les sensibiliser sur cette question) nous avons visité l’entreprise de Monsieur Claude KRUST ; Ils étaient fortement intéressés. Il leur est demandé aujourd’hui de faire une proposition au Conseil général, aux élus, concernant les questions qui sont posées : comment traiter notre matériel informatique, comment le collecter aussi auprès des particuliers ? Ces questions sont fondamentales. Le Département a la responsabilité du traitement des déchets, mais il s’intéresse également à la collecte. Il a favoriser l’installation des déchetteries. Maintenant, nous devons penser à ce matériel là. Quand on demande à Tricyclus à Laval, concernant ce matériel, personne ne sait. Que ce soit les collectivités de Laval, le Département.

Qui dit collecte dit investissement, mais également création d’emplois, et ce qui implique un coût financier. Dans notre pays nous avons été capables de fabriquer ces produits très performants et de qualité… et on y a mis les moyens mais on n’a pas pensé au moment de les dé-fabriquer. On voit bien quand on veut démonter un produit il faut aller chercher l’endroit où on l’a fabriqué.

Il faut donc que tous les départements se sentent concernés. En Mayenne, le Conseil général est sensibilisé à ce problème.

Cette soirée a permis de connaître les problèmes posés et la responsabilité des élus, entre autre sur la confidentialité. J’ai vu le président du conseil général, le préfet, le sous-préfet et dernièrement le directeur de la direction du travail, pour voir ce qui est possible de faire concernant ce problème.

Il existe des solutions : tout d’abord faire une étude de faisabilité pour ne pas se lancer sans réponse, car il faut considérer toute la filière de la dé-fabrication d’un produit et se poser les bonnes questions. :

Où est le matériel ?

Comment organiser la collecte (des particuliers, des administrations), avec qui , avec quels moyens ?

Ensuite, n’oublions pas la dé-fabrication, il faut du personnel (quel personnel ?) et donc investir. C’est le développement de l’emploi qui m’intéresse, nous avons des demandeurs d’emploi , bien que nous soyons dans un département où le taux est inférieur à celui de la France. On peut donc imaginer la création de chantiers d’insertion, d’entreprises d’insertion, pour progressivement  développer une activité. Il faut savoir qu’une activité économique démarre bien souvent par le monde associatif.

Il faudra organiser totalement la filière y compris dans la réutilisation du produit. Il y a des perspectives possibles. Si nous avons été capables de fabriquer le produit, nous serons capables de le dé-fabriquer, de le réutiliser pour gagner de la matière première. C’est l’aspect intéressant dans cette démarche et qui peut permettre à chacun de nous d’avoir une place à prendre dans ce domaine. Chacun d’entre nous peut expliquer à tous ceux  que nous connaissons que les solutions sont possibles. »

Dans l’esprit de la directive européenne, qui paye le fabricant ?

Réponse de Claude KRUST

« La directive européenne a le mérite d’être très claire, c’est la marque qui est gravée dessus. Même si c’est Carrefour qui fait fabriqué chez un sous-traitant quelconque, c’est celui qui possède la marque qui est responsable et qui devra payer. Se pose donc la pérennité de la gravure. Il est prévu qu’elle soit gravée dans la tôle ou dans le plastique pour qu’on ne puisse pas les enlever. Chaque pays doit déterminé le mode qu’il juge le meilleur, mais cela pose un problème aux fabricants internationaux, ils doivent mettre en place le même système partout.

On peut avoir aussi à faire à des appareils dont la marque a disparu.

Et les produits d’assemblage ?

Claude Krust

« Les éléments ont des marques. Il est prévu, dans le cadre de la directive européenne, que les fabricants se cotisent pour payer pour cela. Il y aura une partie supplémentaire à payer pour les autres. Ce qui pose d’ailleurs un gros problème entre deux groupes : le groupe de la bureautique et l’autre qui est issu de celui qui a géré les piles. Ils sont là pour percevoir l’argent des fabricants et le redistribuer pour payer le recyclage. Les fabricants, à chaque fois s’ils vendront un téléviseur ou un ordinateur, devront verser un montant à cet organisme qui lui va payer le recyclage en aval. »

Question : Si la collecte est faite dans une déchetterie, que fait-on par rapport à la « traçabilité » ?

Claude Rablier du Service environnement de Laval Agglomération

« Si un individu dépose son ordinateur, on ne va pas lui demander son nom ou alors la gestion sera importante. A qui incombera la responsabilité de ces déchets jusqu’à la fin ? Est-ce la collectivité qui les prendra en charge ? On dit la collectivité va payer, mais je considère en tant que citoyenne, on paye déjà nos impôts partout , que la collectivité n’a pas à payer pour des ordinateurs qui sont produits par des entreprises qui les stockent. Les entreprises doivent prendre en charge leur stock. Nous on paiera dans nos impôts, mais la collectivité n’a pas à payer par rapport à des entreprises. »

Réponse de Claude KRUST.

« Vous avez raison, c’est pourquoi j’ai séparé dans mon intervention la partie professionnelle de la partie grand public. Pour tout ce qui est à usage professionnel est aujourd’hui c’est normalement au détenteur de payer, c’est d’après le code de l’environnement,. Pour tout ce qui est à usage domestique, c’est à la collectivité de payer. C’est le consommateur qui doit l’apporter à la déchetterie. »

« A la question : où doit démarrer la traçabilité ? Elle doit démarrer à partir de la déchetterie. Il ne faut pas qu’il y ait de dérive ou de déperdition à partir de la déchetterie. Se pose le problème des « manouches » qui vont prendre ces appareils et les revendre dans les pays de l’est. Il faut savoir qu’un téléviseur qui ne fonctionne pas vaut malgré tout 25 €uros en Bulgarie ou en Roumanie. Ils ont donc tout intérêt à les voler. Mais s’ils pensent que ce matériel n’est pas intéressant ils vont l’abandonner dans le premier fossé. Donc la traçabilité doit démarrer à la déchetterie pour entrer dans le circuit du traitement. »

Proposer un type de collecte adapté:

Georges MINZIERE.

« Au Conseil général, les techniciens ont commencé à s’interroger sur le type de collecte qui pourrait être mis en place. Pas forcément par la déchetterie. Il va falloir trouver peut-être d’autres moyens de collecter, il faudra également conserver les coordonnées du particulier qui apporte son matériel. C’est pourquoi il faut penser à un autre type de collecte que l’on connaît aujourd’hui ».

Les filières :

Jean-Lou QUERU

« Les déchetteries en Mayenne sont gérées correctement. Les déchets ne font pas des allers et retours avec des gens qui viennent se servir, comme cela peut arriver ailleurs. Ce n’est pas du tout le cas pour un déchet qui est déposé à la déchetterie de Laval. Les déchetteries sont gardées 24 h/24 et 7 j/7, et les déchets ne repartent pas sous n’importe quelle condition . La déchetterie n’est pas un lieu d’échange, c’est un endroit où les déchets sont gardés, stockés, triés et expédiés vers les filières de traitement quand elles sont disponibles, et qu’elles ont la capacité d’accepter les déchets que l’on peut collecter. »

« Aujourd’hui, en tant que collecteur, on n’a pas en face de nous des filières qui peuvent répondre globalement aux besoins. Donc, on ne va pas se mettre dans des situations de collecte de matériel électrique et électronique dont on ne saura pas quoi faire à terme. Il faut que la filière soit complète du début jusqu’à la fin. »

 « Où sont les filières ? Quelles sont ses capacités ? Est-ce qu’il y a adéquation entre ce que je collecte et les capacités de traitement ? Ce que l’on retrouve pour les plastiques. Aujourd’hui, on collecte plus de plastiques qu’on ne sait en valoriser dans les filières. Il y a donc un excédent. »

Question : « La fabrication actuelle prend elle en compte la défabrication des produits et dans l’affirmative depuis quand ? »

Réponse de Claude KRUST.

 « Dans l’électronique grand public on n’a pas encore pris conscience de ce problème. Aujourd’hui, ce ne sont que des problèmes de coût. Les grands groupes internationaux sont en concurrence avec d’autres groupes qui ont leur marché dans des pays où ils ne sont pas soumis à ces contraintes. »

« Aujourd’hui, on ne fait pas beaucoup d’éco-conception à la fabrication. On commence à y penser. Pour les produits qui sortent actuellement, l’éco-conception consiste à mettre dans la notice : « ne pas jeter n’importe où ». C’est le premier pas. Je travaille actuellement avec usine d’Angers. Ils sont demandeurs. Nous allons démarrer un programme avec eux. Le gros problème des fabricants c’est que les ingénieurs de conception n’ont pas été formés à ce problème. Et à forte plus raison il y a 10 ans. »

« J’ai été un des premiers à travailler avec MATRA, la conception d’un téléphone vert. C’était le projet « Reinette » qui était un téléphone pour lequel on a pu supprimer toutes les vis et les inserts métalliques. C’était un téléphone portable. On a sélectionné la batterie en fonction de la capacité et en fonction de la recyclabilité. L’afficheur a été sélectionné en fonction de ses composants toxiques qui pouvaient s’y trouver. »

« Tout à l’heure, on a parlé d’écrans plats, aujourd’hui c’est un problème majeur. Effectivement, ils prendront moins de place mais aujourd’hui on ne sait pas les recycler. Actuellement, tous les fabricants se retranchent derrière le secret de fabrication. Si vous leur demandez : quelles sont les matières dangereuses que vous avez  dans votre écran, on vous répond : c’est un secret de fabrication. Dans le cadre de Planète développement, nous avons fait faire des analyses à l’Institut des matériaux à Nantes pour savoir ce qui s’y trouvait. En faisant des analyses sur des afficheurs ou sur des écrans plats d’ordinateur, on est arriver à 61 substances différentes. Alors que dans les anciens écrans à tube cathodique, il y en avait maximum une dizaine. Sur les 61 substances, nous en avons 30 toxiques et 11 très toxiques. Cela veut dire que lorsque nous jetons un téléphone portable dans une poubelle, c’est la catastrophe. On a réduit dans le programme d’éco-conception du projet Rainette, la toxicité à peu près de 30 %. »

« Lorsque les fabricants seront devenus responsables, ce sont les consommateurs qui paieront au moment de l’achat et donc il faut faire la démarche au niveau des fabricants. Nous avons un peu ce rôle de les sensibiliser à ce type de problème. Si on ne les fait pas payer aujourd’hui, les fabricants continueront à faire comme ils ont l’habitude de faire. Lorsqu’ils seront obliger de payer, ils prendront conscience qu’il faudra réduire le coût de la fin de vie. A partir de ce moment là, ils seront très intéressés par l’éco-conception. »

« Je crois, qu’indirectement les faire payer est une bonne chose. En attendant, le problème c’est que nous avons un parc historique et qu’il faut le gérer. Pour réduire le volume des déchets, on peut rallonger la vie du produit. C’est pour cela que le réemploi est une bonne chose, d’ailleurs il est aussi défini dans la directive européenne. Le réemploi a un statut légal. »

« Lorsqu’on donne, en cadeau ou à titre gracieux, des ordinateurs, on reste responsable de la gestion de la fin de vie de ce produit. »

Conclusion par Christian LAIGLE

« Ecolonet est l’action de Mayenne.Point.Org pour l’année 2003. Il y a bien sûr le site de l’association, Patrick RICHARD va en parler. Il y a également un site qui est ouvert : www.ecolonet.org où là vous aurez le compte-rendu de cette soirée, des démarches et le suivi des actions qui seront mises en place dans les différents secteurs. »

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